Andy Reisinger et Ezequiel Pini sont les cerveaux derrière le pseudonyme Six N. Five. Un Visual Studio fondé dans la ville de Buenos Aires – mais qui vient tout juste de déménager à Barcelone – dont l’objectif est de laisser libre cours à l’imagination. Leurs projets, toujours teintés d’une perfection très post-moderne hyperréaliste, avancent d’un pas ferme dans le monde de l’art. Regarder, presque comme une règle, pour inspirer des émotions au spectateur. Des natures mortes et des sculptures digitales qui n’oublient pas leurs racines dans le monde du design, mais qui deviennent un paradigme de l’expérimentation visuelle contemporaine. Après les avoir vus au Festival OFFF en mai dernier, nous les avons interviewés pour en apprendre plus sur leurs origines, ainsi que sur les futurs projets de leur studio.

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La première chose que je veux savoir est ce qui se cache derrière votre nom. Si je le traduis littéralement, j’obtiens quelque chose comme six et cinq. S’il s’agissait d’une heure, six heures cinq, que se passe-t-il à cette heure-là ? Et pourquoi la fin d’une journée de boulot deviendrait le nom de votre studio ?

Bien joué ! Vous êtes la première personne qui a cherché la traduction littérale. Au fil des années, quand Eze et moi travaillions avec des agences, des studios et des producteurs, partir à 18h05 était une exception, pas la règle. Nous sommes tous les deux vraiment organisés et c’est devenu notre marque déposée.

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Vous êtes tous les deux de Buenos Aires ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nous sommes tous les deux de Buenos Aires. On ne se connaît pas (hahaha). Notre histoire est un peu bizarre : nous avons vécu dans la même ville, avions les mêmes amis, et avons travaillé pour les mêmes agences toute notre vie, mais nous ne nous sommes jamais connus sur le plan personnel durant toutes ces années. Nous avons vu le travail l’un de l’autre et avons décidé de travailler ensemble pour créer quelque chose de nouveau. On s’accepte. Ni plus, ni moins.

Quand avez-vous décidé d’unir vos forces et de travailler ensemble ? Et quels sont vos rôles individuels dans ce tandem collaboratif ?

En 2014, nous avons décidé de rassembler nos cerveaux et partager nos idées. On a développé Six N. Five parce que personne d’autre ici ne faisait la même chose. On voulait exprimer et montrer quelque chose qui n’existait pas. Chacun de nous a un background très différent et c’est notre force majeure. On sait prendre du recul et respecter la vision de l’autre.

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Vous avez récemment déménagé à Barcelone. Qu’est-ce-qui vous a fait prendre cette décision ? Buenos Aires vous manque-t-elle ?

Nous vivons maintenant à Barcelone. Une belle ville qui a ouvert la porte à toutes sortes d’expériences. Être en Europe nous permet de voyager plus facilement et de rencontrer des gens. Grâce à cela, nous pouvons créer de nouveaux projets dans de nombreux pays, d’une façon plus écolo. Buenos Aires est notre maison. Elle nous manquera toujours. Mais ce n’est pas si loin. Un avion et on y est !

Vous avez dit que vos projets exploraient la frontière entre le design et l’art. Parfois la ligne est très floue… Comment préférez-vous que l’on vous identifie ? Et comment voyez-vous l’art et le design indépendamment ?

Nous sommes tous les deux designers. Nous sommes exposés à beaucoup de design et entourés d’artistes. Nous sommes un corps inhabituel d’artistes travaillant comme designers. Les nouvelles plateformes et techniques sont regardées de haut par le monde élitiste de l’art. Nous, on aime ça. C’est juste une question de temps.

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Est-ce que le fait d’avoir commencé à travailler dans des agences, puis de les avoir quittées a participé à votre carrière artistique ?

Au contraire. Nous avons toujours travaillé en tant qu’artistes pour les agences. Et c’est ce qui a fait la différence de nos profils. Mais évidemment, un artiste a besoin de plus de liberté. C’est pourquoi nous avons développé Six N. Five.

 

Comment abordez-vous un nouveau projet personnel et/ou une commande ? Y at-il des différences ?

Il y a des différences. On préfère travailler avec des clients qui nous donnent une certaine liberté et qui sont heureux de la surprise que nous leur offrons. Cette façon de faire fonctionne toujours mieux.

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Après avoir regardé votre travail, je note qu’il y a quatre dénominateurs commun, presque comme une marque : l’hyper-réalité, le surréalisme, la texture et la couleur. Au niveau conceptuel, je remarque dans toutes vos esthétiques une suggestion élégante. Que recherche Six N. Five ? Outre l’expérience esthétique, voulez-vous faire réagir ?

C’est tout à fait ça ! C’est exactement ce que l’on cherche. On veut que vous ressentiez quelque chose. Nous recherchons toujours l’inconfortable et le provocateur.

Quel a été votre projet notable le plus important ? Celui dont vous vous souviendrez à vie.

Stampsy a été l’un de nos premiers projets et nous avons beaucoup d’affection pour lui. Aujourd’hui cependant, nous cherchons des moyens d’expression plus extrêmes, plus sincères et ouverts, comme vous pouvez le voir dans Morbo et dans Autobiography.

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Comment s’est passé le Festival OFFF 2016 ?

OFFF a été une super occasion de voir beaucoup d’amis pendant trois jours. Énormément d’artistes super talentueux dans un même lieu, profitant des premiers rayons de soleil du début du printemps et partageant des idées et des projets pour l’avenir.

Les gars, je voudrais vous donner une chance de vous poser vous-même une question et d’y répondre.

Qu’avez-vous fait avant ça ? Eze a fait des compétitions de Taekwendo en Jamaïque, en Chine et en Corée. Et moi, j’ai étudié la musique classique.