Pour le quatrième épisode de la saga Disconnect, Fotolia by Adobe vous emmène à la découverte d’un pays et de ses habitants dont l’essence même est un mode de vie déconnecté : la Mongolie et ses nomades.

Vivre loin de la folie des villes, sans attache à un lieu spécifique et pouvoir tout quitter du jour au lendemain, ne serait-ce pas ça la vraie liberté ?

Figés dans nos vies sédentaires, nous avons du mal à concevoir que ce mode de vie est encore possible aujourd’hui. Pourtant, Tony Legrand (directeur artistique), Pavlé Savic (réalisateur) et Axel Guenoun (sound designer) ont tous trois accompagné le photographe allemand Max Muench dans ce voyage pour la collection Disconnect de Fotolia by Adobe et leur séjour au cœur d’une famille mongole dont ils nous font ici le récit, pourrait bien apporter un nouveau regard sur notre mode de vie moderne.

disconnect_montage_1

Connect or disconnect ?

Le survol de la capitale, Oulan Bator, rend compte du passé historique et culturel de la Mongolie. Entre la Russie et la Chine, cet immense pays aux steppes infinies a été, jadis, le plus grand empire de tous les temps.

Aujourd’hui, perdu entre modernité et tradition, le pays est en crise. La moitié des 350 000 habitants qui y vivent sont nomades. Certains prennent le chemin de la ville avec l’espoir d’une vie moins rude, d’autres retournent vivre comme leurs aïeux et quittent les ghettos de la capitale, déçus par l’égoïsme de cette société. Un retour à la terre nécessaire.

La famille avec laquelle nous avons vécu durant une semaine a clairement fait son choix : les steppes ! Il nous aura fallu pas moins de 30 heures pour arriver chez eux, dans l’une des parties les plus reculées de Mongolie ! Plus qu’un voyage, un périple.

À peine arrivés, nous avons été chaleureusement accueillis par quelques verres de vodka. Trois par tradition, trois autres pour soulager nos corps et nos esprits et trois autres… pourquoi pas ?!

Ce petit rituel a le mérite de réchauffer les corps et de délier instantanément les langues. Précisons que nous n’avions pas le choix, au risque de manquer de respect à nos hôtes !

Au petit matin, le premier pas en dehors de la yourte nous laissait sans voix. La brume se dissipait doucement, la nature se réveillait… Zula, en tee-shirt sur sa moto, malgré le pauvre degré au-dessus de zéro, était déjà au travail depuis les premières lueurs.

#WinterIsComing, le temps est donc compté, l’hiver sera long et rude.

disconnect_montage_2

Dans les steppes, l’argent compte peu 

Ici, la richesse ne se compte pas en billets ou en biens, mais en nombre de bêtes acquises par troc ou héritages familiaux. Pour la petite anecdote, en Mongolie, on compte plus de chevaux que d’hommes !

Chèvres, yaks, vaches… ces animaux sont toute la vie des nomades. Ils se chauffent grâce à leur fourrure, se nourrissent de leur viande et de leur lait et se déplacent à dos de cheval ou de chameau.

Dans la famille, tout le monde aide comme il peut, les jeunes réunissent les bêtes, les plus âgés les traient puis transforment le lait pour le stocker et le transformer.

Fromage, lait fermenté, graisse, vodka au lait de chèvre… Un savoir-faire transmis de génération en génération permet aux familles de tirer le maximum de chaque bête et de survivre dans des conditions extrêmement difficiles.

Mais le défi c’est aussi de respecter cet environnement qui fourni l’indispensable pour survivre. Il s’agit de ne pas polluer les cours d’eau qui alimentent les hommes comme les bêtes et de ne pas détruire la forêt qui les chauffe. Tout ceci implique de comprendre la nature qui les entoure.

disconnect_montage_3

Libre avec son temps

Beaucoup de gens pensent que les nomades mongols fuient la technologie et la modernité. Nous avons constaté qu’il s’agit d’une idée reçue.

Malgré leur mode de vie traditionnel et extrêmement simple, ils ont emprunté au monde moderne quelques commodités. Un panneau solaire alimente une batterie qui illuminera la yourte une fois la nuit venue, un téléphone de secours attaché à un poteau symbolise le seul lien au reste du monde, des motos bricolées du régime soviétique les conduisent de nuit (sans phares) dans les ténèbres des steppes mongoles et une camionnette leur permet de transporter le bois et l’herbe pour se chauffer et nourrir les bêtes.

Cette fusion entre tradition et modernité n’est pas sans charme. Le moment où Zula est venu déposer une tête de chèvre fraîchement tuée dans notre yourte (entre les bidons de lait qui fermentent et les estomacs de chèvres qui sèchent) pour nous porter chance reste mémorable…

Le lien étroit qu’entretient la famille avec le monde moderne se manifeste également une fois par mois lorsque Baata, la femme de Zula, se rend à Karakurum, l’ancienne capitale Mongole, pour y troquer le peu de fromage et de viande qu’ils peuvent se permettre de céder contre quelques légumes qui agrémenteront leurs plats quotidiens et de l’essence pour les véhicules.

disconnect_montage_4

L’importance de l’éducation

Autre preuve de modernité, les Mongols sont très instruits. Zula et Baata sont nés dans une famille nomade et comme la plupart des enfants, ils sont allés à l’école en ville à l’âge de 10 ans.

Zula y est resté jusqu’à ses 25 ans. Il a obtenu un diplôme d’économie avant de devenir Ranger, pour s’occuper des forêts et des animaux. L‘appel de la nature était trop fort pour lui, il est donc revenu au nomadisme. Aujourd’hui, tout comme lui, ses enfants vont à l’école la semaine en internat, malgré le trajet interminable qui les sépare de la ville.

Cette expérience est essentielle dans la culture mongole, car elle permet aux enfants de choisir plus tard ce qu’ils souhaiteront faire : rester en ville pour essayer de se construire dans une société moderne en crise ou retourner à la nature.

Un choix vraiment cornélien pour un jeune d’une vingtaine d’années. La Mongolie souffre d’un fort taux de chômage qui s’aggrave d’autant plus durant l’hiver. En ville, on retrouve une jeunesse dynamique qui n’a que faire des problèmes de pollution, de chômage… Elle s’éclate dans les bars et partage tout ça sur les réseaux sociaux (oui, tout comme nous en fait). Parlez-leur d’abandonner cette vie pour aller “s’isoler” au fin fond des steppes et ils vous riront au nez.

On peut les comprendre, tant il est difficile de s’imaginer en hiver ((durant lequel la température peut atteindre les -50° C) dans une yourte totalement perdue dans la steppe et sans voir grand monde durant plusieurs mois.

disconnect_montage_5

Mi-nomade, mi-sédentaire

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les nomades bougent finalement assez peu sur de longues distances. Nous les imaginions changer de lieux chaque année et parcourir des centaines de kilomètres mais non, quand ils trouvent un lieu propice à leur élevage, ils s’installent, tout simplement.

Si les nomades changent régulièrement de lieu de vie, c’est pour une simple et bonne raison : les pâturages. Les bêtes doivent constamment avoir de quoi se nourrir. Ainsi, au fil des saisons, les nomades s’installent un peu plus loin dans les terres, jusqu’à atteindre leur “winter-camp” dans lequel ils passeront l’hiver.

Ici, on vit en communion avec la nature, en bénéficiant de ses bienfaits, mais également en se soumettant aux menaces qui y rôdent. Durant notre séjour, deux moutons et une chèvre ont été tués par des loups. Zula, en tant qu’ancien Ranger, n’hésite pas à les pister pour préserver ses ressources.

Ce qui a l’apparence d’un jeu lorsqu’il nous montre ses talents de sniper est en réalité une chasse permanente et une pression invisible qui plane chaque nuit sur le plateau.

Bien qu’isolés, les nomades ne sont pas seuls. Ils se connaissent tous et s’entraident. Ils n’hésitent pas à donner une journée de travail pour aider une famille voisine à ramasser l’herbe pour l’hiver. Une journée récompensée par le prêt d’un tracteur qui soulagera Zula et sa femme de quelques jours de dur labeur. C’est un échange de bons procédés.

Finalement, ce qui pour nous qui sommes habitués à la facilité relève de la survie est simplement la vie. Les tâches sont simples et diverses, difficiles mais gratifiantes. Comme lors de notre voyage aux Philippines pour Disconnect, nous nous sentons reconnectés et conscients de l’équilibre fragile qui régit notre monde.

disconnect_montage_6
La vie de nomade est difficile. Par défaut pour certains, par envie pour d’autres, c’est surtout par dépit que nombre de Mongoles reviennent au nomadisme. Les conditions précaires de la vie en ville et le très fort taux de chômage incitent de nombreuses familles à quitter les ghettos d’Oulan Bator pour revenir à une vie simple.

Là où la culture nomade moderne est le plus impressionnante, c’est dans le fait que les Mongoles ont su l’adapter au monde moderne pour la pratiquer de manière pérenne. Et même si nous apprécions tous retrouver notre zone de confort, sans doute y a –t-il dans ce mode de vie quelques bonnes choses à retenir pour améliorer le nôtre.

Rendez-vous le 12 octobre sur le blog Fotolia by Adobe pour découvrir les photos et vidéos de ce voyage et télécharger gratuitement 3 photos et 1 vidéo !

disconnect_montage_8