Mais comment font-ils ? Pourquoi, malgré mes efforts et un appareil performant, je n’arrive pas à donner à mes photos un rendu professionnel ? Suis-je maudit de la pellicule ? Non, je pense que je manque juste de connaissances dans un domaine essentiel en photographie : la lumière et l’éclairage. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Typologie de la lumière
Tout d’abord, un petit rappel évident : sans lumière, pas de photo !
Il existe de nombreuses unités permettant de mesurer la lumière et ses composantes. Le lux, par exemple, est l’unité d’éclairement lumineux. Un lux correspond à l’éclairement d’une bougie à 1 mètre de distance, et, remarque intéressante, deux lux correspondent à deux bougies à 1 mètre de distance. Il faut ajouter que la lumière décroît avec le carré de la distance, ainsi une bougie à deux mètres de distance produira 0,25 lux. Cette unité ne doit pas être confondue avec l’intensité de la source lumineuse (exprimée en candela). Pour simplifier, on peut dire que l’intensité lumineuse mesure l’origine de la lumière (la cause) et l’éclairement le résultat (la conséquence). La luminance quant à elle (exprimée en candela par m²) correspond à la réflexion lumineuse d’un corps, c’est-à-dire l’intensité lumineuse renvoyée par celui-ci. Vous le voyez, la lumière est une matière complexe qui dépend de nombreux éléments (source, distance, sujet…).
L’oeil humain capte de 1 à 50 000 lux. L’étendu de cette gamme lumineuse correspond à 18 diaph, une richesse que les optiques d’appareil photo sont incapables d’approcher (les meilleures d’entre elles en couvrant à peine 10). La photographie est donc une réduction de la réalité encadrée par deux barrières symétriques : la sous-exposition et la surexposition. L’éclairage est donc une donnée fondamentale dans la construction d’une belle image dans la mesure où la lumière est le matériau même de la photographie.
Rappel des différents types d’éclairage artificiel
Eclairage à incandescence
Il s’agit principalement des ampoules (appelées également éclairages tungstènes) c’est-à-dire un filament qui brûle en dégageant lumière et chaleur. Leur puissance peut atteindre 1000 Watts pour des températures d’environ 3000 K (pour les lampes domestiques). Elles consomment peu d’énergie mais la qualité s’éloigne beaucoup de la lumière naturelle. De plus, avec le temps de la suie se dépose à l’intérieur de l’ampoule ce qui finit par filtrer la lumière.
Halogène
Il s’agit d’un tube rempli de ce gaz rare qu’est l’halogène. Le courant qui le traverse délivre une lumière constante et plus intense que les lampes à incandescence mais il dégage aussi beaucoup plus de chaleur (ce qui peut poser certains problèmes en studio).
Lampe à décharge
On parle également de tubes fluos. Le système est simple : une poudre fluorescente tapisse l’intérieur de la lampe et le courant qui la traverse permet la réaction lumineuse. Ce procédé offre un très faible rendement lumineux mais ne dégage pas de chaleur.
Flash
Le flash fonctionne grâce à un condensateur qui va accumuler le courant jusqu’à créer un arc électrique qui va donner une lumière très blanche (même température que la lumière du jour, c’est-à-dire entre 5500 et 6000 K). Ce système présente donc un grand intérêt en termes de qualité mais aussi en ce qui concerne l’économie d’énergie et la production de chaleur. Par contre, il est encombrant et il faudra compter un temps de chargement entre chaque photo (pas de photos en rafales).
HMI
Le HMI (Halogen Metall Iodure) est à l’origine une marque de lampe fabriquée par la firme OSRAM, mais on utilise désormais cette appellation pour toutes les lampes fonctionnant grâce à cette technologie. Il s’agit de lampes aux halogénures qui permettent de générer une lumière dont la température de couleur (5600 K) s’apparente à celle de la lumière du jour.
Techniques studio
La première règle en la matière est de bien placer et paramétrer une lampe avant tout ajout d’accessoire (parapluies et réflecteurs, voire une deuxième lampe si nécessaire…). L’éclairage étant d’une importance capitale, il mérite au moins autant d’attention que l’appareil photo et de nombreux éléments sont à prendre en compte dans le choix de la lampe, de son paramétrage et de son emplacement.
La position
Il faut tout d’abord définir la position de la source lumineuse par rapport au sujet. Cette opération doit permettre d’ajuster la hauteur, l’emplacement et l’angle d’attaque des rayons lumineux. Il n’y a pas véritablement de règle en la matière et c’est véritablement la volonté du photographe qui compte. Il faut choisir l’orientation des ombres en fonction de l’effet souhaité et faire varier hauteur et position jusqu’à obtenir le résultat escompté. N’hésitez pas à modifier tous ces paramètres pour apprécier la différence de résultat. Rappelons également qu’un flash intégré (proche de l’objectif) aura pour conséquence un éclairage facial dont le résultat n’est pas très heureux (un flash externe est donc toujours conseillé).
La distance
Plus la source lumineuse sera proche du sujet, plus l’intensité de la lumière sera importante (les couleurs et les ombres seront alors plus contrastées ce qui peut donner un effet dramatique à la scène). Il faut donc placer l’éclairage en fonction du rendu souhaité en termes d’ombres, d’intensité et de contraste.
La diffusion
C’est ici qu’intervient le célèbre parapluie. Cet outil a en effet pour but de permettre une meilleure diffusion de la lumière. Celle-ci devient alors plus enveloppante, les ombres sont plus diffuses. Votre photo sera donc moins contrastée pour un rendu plus uniforme.
Toutes ces informations restent bien sûr théoriques et ne remplacent évidemment pas un bon œil. Mais c’est en essayant différentes configuration que vous pourrez mesurer l’incidence de la lumière sur la qualité d’une photo. Et n’oubliez pas, une belle lumière c’est une photo déjà réussie.
Crédits photos : Paulus Rusyantoan idea!