Histoire de la photographie : Invention et évolutions du négatif (3/5)

Nous poursuivons notre voyage à travers l’histoire pour nous intéresser à une période déterminante de l’évolution de la photographie. A partir de l’invention du négatif, on assista, en effet, à un moment d’innovation constante. Les créations de procédés photographiques se succédaient à un tel rythme que la paternité du négatif est, aujourd'hui encore, incertaine. Remontez le temps avec nous pour découvrir l’effervescence des années 1830.

A la suite du succès du daguerréotype, de nombreux inventeurs s'intéressèrent à la photographie. Des recherches furent alors menées dans différentes directions, pour réduire les coûts des procédés, pour permettre de multiples reproductions d'une même image, pour améliorer le grain, pour réduire la durée d'exposition ou encore pour améliorer la sensibilité des réactions chimiques. Ainsi, les années 1830 marquèrent le début de la quasi-totalité des inventions de l'histoire de la photographie, jusqu'à l'ère du numérique.

Longtemps, les historiens ont attribué à William Talbot le titre de premier inventeur d'un procédé négatif-positif. Cet anglais est l'une des figures marquantes de ces années, il réussit dès 1835 à créer un premier négatif, qui représentait une fenêtre de la Lacock Abbey. En 1839, il combina son invention avec un tirage sur des feuilles de papier recouvertes de chloro-iodure d'argent et obtint ainsi un procédé négatif-positif. Il améliora la sensibilité de ce procédé en recouvrant le papier d'un mélange de nitrate d'argent et d'acide gallique, puis le breveta en 1841. Le succès de sa méthode dura une dizaine d'années, ce qui lui permit de prendre place dans l'histoire comme l'inventeur du négatif.

Cependant, et depuis la redécouverte de ses écrits en 1973, Hercule Florence semble en réalité être l'inventeur du négatif. Ce niçois parti vivre au Brésil fut un inventeur prolifique qui, malheureusement, pâtit de son éloignement des grands centres intellectuels de l'époque. Ainsi, pendant plus d'un siècle on attribua à John Herschel l'invention du mot "photographie", en 1839. Mais depuis, nous savons que le 15 janvier 1833, Hercule Florence écrivait déjà dans son journal une "Note sur le photographie".

En 1976, l'historien brésilien Boris Kossoy rétablit la vérité, non sans quelques difficultés, en présentant les résultats de ses recherches sur Hercule Florence et ses écrits. Le monde découvrit alors les comptes-rendus d'expériences antérieures et similaires à celle de William Talbot. Pourtant, Hercule Florence dut abandonner ses recherches comme le montrait Boris Kossoy (lors du Colloque sur Hercule Florence le 4 novembre 2005 à Nice) : "Confiné dans son isolement à l'intérieur de la province de Sao Polo, vivant dans un environnement esclavagiste dépourvu des moindres ressources technologiques et même des interlocuteurs qui auraient pu comprendre ou apprécier ses réalisations, il finit par abandonner ses recherches sur la photographie pour ne se consacrer qu'au perfectionnement d'autres méthodes d'impression, notamment la polygraphie."

Le développement des procédés négatif-positif se poursuivit malgré tout, et toujours par étapes. L'évolution suivante eut lieu avec l'invention du procédé au "collodion humide" en 1851. Dès 1849, le français Gustave Le Gray découvrit les propriétés du "collodion", un mélange de coton, d'alcool et d'éther, qui, appliqué sur une plaque de verre constituait un bon négatif. Cette technique fut utilisée par Scott Archer pour parvenir à combiner les qualités du daguerréotype (image de bonne qualité) et du négatif (possibilité de multiples tirages), tout en réduisant le temps de pose à une dizaine de secondes.

Les techniques photographiques s'améliorèrent ainsi sans discontinuer durant le XIXème siècle. Nous retiendrons la première photo instantanée (1/100000ème de seconde réalisée par Talbot en 1851 grâce à la lumière produite par un arc électrique, la création du premier film papier en rouleau par Arthur Melluish en 1854, le premier procédé de photo couleur de Louis Ducos du Hauron en 1868, ou encore la découverte puis la commercialisation de films "celluloïd".

Toutes ces évolutions techniques permirent, non seulement, d'améliorer la qualité des images, mais aussi de diminuer le prix et le volume du matériel photographique. C'est ainsi que purent apparaître des appareils toujours plus compacts et largement diffusés à travers la planète.

Crédit photo : exposed © Irina Fischer

Pour plus d'informations sur Hercule Florence, nous vous signalons l'ouvrage suivant :
William Luret, "Les trois vies d'Hercule Florence", Editions Jean Claude Lattès, 2001.

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Posté par charles à 15:50, mai 24 2007

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