La Cène fait encore parler d'elle
Vous avez sûrement entendu parler de la polémique soulevée par la dernière campagne d’affichage publicitaire de Marithé et François Girbaud : une adaptation photographique très libre de la cène de Léonard De Vinci (1498). Cette photo (d'ailleurs superbe) à l’effigie de la marque représente le dernier repas du Christ avant sa mort avec, en guise d’apôtres, des femmes portant les vêtements de la marque et un homme de dos habillé simplement d’un jean.
Jeudi dernier, le Tribunal de Grande Instance de Paris, saisi en référé par l’association Croyance et libertés, a prononcé l’interdiction d’affichage « en tout lieux publics et sur tous supports » de la nouvelle publicité de Marithé et François Girbaud. L’affaire avait pris une tournure particulière quand, après une campagne presse sans bruit, les publicitaires ont gravi un échelon supplémentaire en proposant cette affiche dans de très grandes dimensions, avenue Charles de Gaulle à Neuilly-sur-seine.
Alors que les uns clament « l’injure ainsi faite aux catholiques » , les autres mettent en avant l’atteinte à la liberté d’expression.
Cette œuvre rebondit clairement, même si personne n’en a parlé, sur le succès orchestré par le best-seller Da Vinci Code de Dan Brown (15 millions d’exemplaires vendus) qui remet en question, dans une œuvre romancée, l’interprétation classique de la Cène en mettant en doute l’identité sexuelle d’un(e) des apôtres. Si ce livre a fait polémique, sa publication n’a pourtant pas été interrompue, en tout cas en France.
La justice a conclu au fait qu’une « affiche aux dimensions imposantes, qu’aucun regard ne peut éviter, constitue un acte d’intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds des croyances intimes » et que « l’injure ainsi faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherchée ».
C’est le concept même de publicité que cette décision de justice remet en question. Le but de la publicité est de surprendre et la surprise naît du déséquilibre provoquait par la disproportion entre le but recherché et le but affiché.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Source
La justice interdit la Cène selon Marithé et François Girbaud, Libération