Histoire de la photographie : Les premiers procédés photochimiques (2/5)
Nous retrouvons le deuxième volet de notre série sur l’histoire de la photographie. Nous nous intéressons aujourd’hui au tournant du XVIIIème et du XIXème siècle, le moment où sont compris puis contrôlés pour la première fois les procédés photochimiques. En effet, après la découverte du principe de la chambre noire et l’amélioration des connaissances en optique, il fallut attendre la combinaison de ces évolutions avec les avancées dans le domaine de la chimie pour assister aux premières images photographiques.
Si la découverte de la sensibilité à la lumière de certains composés argent, notamment le chlorure d’argent, est attribuée aux alchimistes du Moyen-Age, nous connaissons mieux les travaux photochimiques de l’allemand Schulze, du suédois Shelle ou de l’anglais Wedgewood, au XVIIIème siècle. Certains confèrent d’ailleurs à Thomas Wedgewood le titre de premier photographe de l’Histoire, en raison des silhouettes qu’il parvint à reproduire à l’aide de nitrate d’argent, en 1802. Cependant, il ne parvint pas à fixer ses images, la plus ancienne photo est donc plus communément attribuée au français Joseph Nicéphore Niépce (qui inventa aussi des machines hydrauliques et un moteur marin, le pyréolophore).
En 1826, Niépce réalisa le cliché qui a longtemps été considéré comme le tout premier (voir illustration ci-dessus), une vue de sa cour au travers d’une fenêtre (la réalisation de ce cliché nécessita un temps d’exposition de huit heures). Nous savons aujourd’hui qu’en 1825, il avait déjà réalisé une photographie en intérieur qui reproduisait une gravure hollandaise.
Comme pour le principe de la chambre noire, l’invention des procédés chimiques utilisés en photographie repose sur une succession de découvertes de différents savants. Ainsi, Niépce bénéficiait de la découverte, par John Herschel en 1819, des propriétés de l’hyposulfite de sodium, le composé qui lui servira de fixateur. Jusqu’à sa mort en 1833, Joseph Nicéphore Niépce continua à mettre au point des procédés chimiques, d’abord avec du chlorure d’argent fixé par de l’acide nitrique, puis avec du bitume de Judée sur plaque de verre.
En 1829, Niépce ruiné s’associa à Louis-Jacques Mandé Daguerre. Ils travaillèrent conjointement sur un procédé utilisant le bithume de Judée jusqu’en 1833. Daguerre poursuivit alors seul leurs travaux, en remplaçant le bithume de Judée par de l’iodure d’argent, réduisant ainsi le temps d’exposition de huit heures à vingt minutes. Cette modification lui permit d’inventer puis de commercialiser le « Daguerréotype ». Son appareil fût un succès mondial lorsqu’il vendit, en 1839 et contre une rente viagère, le brevet de son invention à l’Etat français qui en fit don au monde.
S’il est resté dans l’imaginaire collectif, le succès du Daguerréotype ne dura que dix ans. Il fut rapidement concurrencé par des procédés similaires tels que l’ambrotype, le ferrotype ou la photographie à l’albumine. Cependant, tous ces procédés présentaient l’inconvénient d’utiliser des supports peu pratiques car en verre ou en étain. Pour cette raison, les évolutions suivantes des techniques photographiques se concentrèrent sur le principe du négatif puis sur sa souplesse et ses dimensions.
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