Un article paru sur lemonde.fr le 22 mars dernier dresse un état des lieux de l’utilisation de plus en plus large de la mention « DR » accolée aux photographies publiées sur les sites, brochures, plaquettes…

Cette mention de « Droits réservés », utilisée dans la presse et l’édition, avait initialement visait à informer le photographe dont on n’avait pu retrouver l’identité que sa rémunération était mise de côté pour le jour où il se ferait connaître. Elle n’avait vocation à être utilisée que de manière exceptionnelle.
Aujourd’hui pourtant, elle est de plus en plus utilisée comme facilité éditoriale, la plupart des auteurs de photos n’étant jamais retrouvés. La situation s’est aggravée récemment, avec des cas répétés d’utilisation de ladite mention, alors même que l’auteur de la photo était bien identifié.
Sur internet, les recherches sur les moteurs spécialisés dans la recherche d’image accroissent considérablement la tentation de télécharger une photo et de la réutiliser sans se soucier des droits attachés à l’œuvre. Dans la presse, la pratique est devenue courante dans plusieurs domaines tels que les portraits de personnalités, la culture, la beauté, la consommation.
Si les éditeurs de presse magazine protestent de leur bonne foi, il n’en reste pas moins qu’outre les problèmes de rémunération des auteurs, cela pose des problèmes de déontologie (qui fournit les images publiées ?).
L’UPP et la SAIF (Union des Photographes Professionnels et Société des Auteurs de l’art visuel et de l’Imagerie Fixe), alarmées, ont préparé une proposition de loi. Celle-ci reprend un rapport du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique et prévoit la collecte par une société de gestion des droits correspondant à l’exploitation de ces œuvres « orphelines ».
Des projets comparables ont cependant soulevé l’ire des professionnels aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ; moins favorables, ils leur ont fait craindre de voir leurs droits d’auteurs diminués.
Source :
Claire Guillot, www.lemonde.fr, publié le 22/03/10